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  • Photo du rédacteurDavid R. Grenat

Le Logos

Par Mgr Gérard de Martigues :


Extrait de la Lettre de Saint Jean numéro 498


[...]

Le logos est donc l’expression accessible, intelligible, de la pensée de Dieu. C’est la « semence de Dieu », la Vérité.

Dans la plupart des courants du christianisme, le logos constitue la deuxième personne de la Trinité : le Fils Jésus-Christ.

Le logos ne doit pas être confondu avec le Saint-Esprit, troisième personne de la Trinité, qui fait le lien entre le Père et le

Fils, entre celui qui engendre et celui qui est engendré. Le Saint-Esprit est le souffle divin, la puissance de Dieu, son énergie

vitale. Rappelons que la Trinité est l’essence unique de Dieu en trois personnes indissociables et non hiérarchisées.

Le prologue de l’Evangile selon Saint-Jean donne une définition précise du logos (traduit ci-après par le « Verbe ») :

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.

Il était au commencement en Dieu.

Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,

Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.

Non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.

La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.

Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu.

Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.

Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient

en son nom,

Qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu.

Voici d’autres versets bibliques qui comportent le terme « logos » :

• Voici ce que signifie cette parabole : la semence, c’est la parole de Dieu. Luc 8, 11

• Jésus lui répondit : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et

nous ferons notre demeure chez lui. Jean 14, 23

Dans la version initiale du Nouveau Testament rédigée en grec, un autre mot est parfois employé pour dire « parole » : c’est

rhema. Logos et rhema ont un sens légèrement différent. Rhema est notamment utilisé lorsque Jésus communique sa parole

directement à un adepte, répondant à une question précise, dans un contexte précis.

Le logos : symbolisme et interprétation.

Le logos est souvent associé :

• à la lumière : elle fait le lien entre Dieu et l’Homme. Elle permet de voir, elle éclaire la réalité, elle est chaleur

et Amour. Dans le prologue de l’Evangile selon Saint-Jean, le logos est lumière et vie. La lumière se pose sur

tout homme, lui donnant potentiellement accès à la compréhension et à la vie éternelle, pour peu qu’il y soit prêt,

• au cercle : il symbolise le domaine de la pensée, ou encore le plan divin dévoilé dans sa perfection et son unité,

• ou encore au rayon du cercle : il part du centre du cercle (l’inconnaissable) pour s’étirer vers la périphérie

(l’Homme, le cosmos), tel un rayon de soleil.

Nous l’avons vu, le logos est la parole divine intelligible, c’est-à-dire accessible et compréhensible. Mais « compréhensible »

ne veut pas dire « comprise » : La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.

Le Verbe nécessite en effet d’être reçu, compris, accepté, intériorisé.

Lire la Bible, ou n’importe quel texte sacré, n’est pas suffisant. Il faut produire un effort pour accéder à la vérité, sans quoi

le logos restera une « parole perdue ».


Le logos et la quête de la parole perdue.

La parole perdue est le Verbe qui n’a pas été reçu, qui n’a pas été compris, qui n’a pas été correctement interprété.

En effet, recevoir la parole nécessite non pas une intelligence supérieure, mais une volonté personnelle de s’ouvrir, de lâcher-

prise. Il s’agit d’abandonner ses illusions, ses préjugés, son orgueil, son ambition. Il s’agit de mourir à soi-même de plusieurs

morts pour enfin voir l’évidence.

Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même et qu’il me suive. (Matthieu 16, 24)

Toute parole est faite de mots, donc de dualité. Mais il y a des paroles qui rassurent, qui unissent, qui aiment. C’est en ce sens

qu’il faut recevoir le Verbe divin.

Le but est de nous laisser pénétrer par l’intuition, ce phénomène qui ressemble à une fenêtre qu’on laisse s’ouvrir en nous

pour laisser passer l’étincelle de lucidité. C’est permettre à notre âme de communiquer avec le divin.

Cette démarche nous amènera à trouver dans le logos le secret de la Vie éternelle et de l’Amour.



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