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  • Photo du rédacteurDavid R. Grenat

La Peur

De Mgr Gérard de Martigues


REFLEXION SUR LA PEUR

En réalité, la peur est notre compagnon dans bien des situations. Et si l’encouragement de Dieu : « Ne crains pas », est

fréquent, c’est que la peur l’est aussi, et elle peut être un moteur puissant. Le stress peut parfois nous pousser en avant, mais

il peut aussi nous détruire et augmenter nos difficultés.

Nous vivons dans un monde qui a perdu son discernement : on craint de sortir dans la rue, mais on n’a plus peur de

l’enfer. Aussi les chrétiens parlent de l’importance de la confiance en Dieu, et souvent, dès que survient un problème, la peur

envahit leur pensée. Si le message que nous connaissons et la communion que nous vivons avec le Seigneur ne transforment

pas cette attitude de peur, il y a matière à réflexion.

D’où vient la peur ? La Bible donne le départ du dérèglement : c’est le résultat d’une rupture.

« L’Eternel Dieu appela l’homme et lui dit : Où es-tu ? Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce

que je suis nu, et je me suis caché. Et l’Eternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont

je t’avais défendu de manger ? » (Ge 3v9-10).

La peur découle d’une insoumission à Dieu. Chez nos premiers parents, le refus de la crainte de Dieu (dans le sens de respect)

leur a fait connaître la crainte, la peur envers Dieu. Ils se sont cachés pour ne pas être vus par Dieu ; et aussi envers l’autre :

la peur d’être regardé les a faits confectionner des habits pour se voiler la face, et le reste.

Le regard des autres, depuis, fait peur et provoque l’hypocrisie car on cache facilement ce qu’on est en réalité. C’est souvent

la peur d’être mal jugé et non l’amour qui nous rend vertueux. Il y a cependant ici un aspect positif : que va penser mon voisin

si je ne tiens pas bien mon jardin ? Je respecte le 90 sinon les gendarmes vont m’arrêter ; je travaille (à l’école ou au bureau)

pour qu’on ne me fasse pas de reproche, etc. Et le résultat est que l’être humain se retrouve seul avec lui-même, par peur d’être

vu tel qu’il est. Souvent, en plus, il se fait peur à lui-même.

En se coupant de Dieu, il se trouve désarmé. Il s’aperçoit que sa maîtrise de lui-même est bien fragile, que son courage est

solide tant que tout va bien. Il se rend compte du poids qu’il transporte dans la vie, de ses échecs, de ses blessures qui créent

en lui des peurs qui le fragilisent.

Il y a de quoi avoir peur de marcher dans la rue, d’être au volant de sa voiture. On est nulle part en sécurité ; parce que l’homme

est déboussolé : il a perdu le nord, le sens de sa vie, il ne se laisse pas attirer par Dieu, il se coupe de la Source. Et puis, par

rapport à la peur des évènements à venir, l’imagination peut faire des ravages, car la peur, souvent, crée ce qu’elle craint.

La peur est cette réalité que nous cherchons à éviter et qui pourtant se niche facilement dans tous les aspects de notre vie. Elle

est inhérente à notre existence.

Quelques exemples bibliques liés à la peur :

Les frères de Joseph, à cause de la famine, sont contraints d’aller en Egypte chercher du blé ; et là, Joseph (devenu ministre

du pharaon) les reconnaît et les accuse d’être des espions. Leur réaction ? « Maintenant nous connaissons l’angoisse : nous

sommes punis à cause de notre frère que nous avons vendu comme esclave » (Ge 42v21). C’est la culpabilité qui, de l’aveu

même de ces hommes, est la cause de leur peur.

Le prophète Elie : Elie fuit par peur des menaces de la reine Jézabel (1 Rs 19). Et Dieu vient le rencontrer, dans son désert. Il

l’assure de sa présence et de sa tendresse ; puis il lui donne plusieurs buts, à savoir se tourner vers les autres, en obéissant à

l’ordre de Dieu. Cette méthode de Dieu est surprenante mais ce qu’a vécu Elie par la suite en montre le bien-fondé.

Plus en général, la prise de conscience de notre état de péché nous conduit à vivre une forme d’angoisse plus ou moins

chronique, plus ou moins avouée (souvent des problèmes de santé en sont la conséquence).

« L’épouvante avait saisi Simon Pierre » (Luc 5v9) ; quelle en est la cause ? Jésus vient d’accomplir un miracle avec une

pêche extraordinaire et cette réussite fait ressortir l’échec de Pierre qui avait jeté les filets toute la nuit sans rien prendre. Et

cela lui fait prendre conscience de ce qu’il est : « Seigneur, retire-toi de moi parce que je suis un homme pécheur ». Depuis

Adam qui s’est coupé de Dieu, l’être humain veut s’éloigner de Dieu.

Mais Jésus, au lieu d’augmenter ce sentiment de peur, veut le guérir et apporter la solution à ce problème enfoui au plus

profond : « Ne crains pas », ne demeure pas dans cette peur de la punition de Dieu, à cause de ta culpabilité. C’est la

rencontre avec le Seigneur qui révèle l’état profond et apporte le remède.

Et il rajoute : « Désormais, tu seras pécheur d’hommes », c’est-à-dire : je te donne une nouvelle orientation, je vais

transformer ta vie, lui donner son vrai sens, son plein épanouissement ; comment ? En te tournant vers les autres.

L’apôtre Paul est découragé à Corinthe : certains s’opposaient à lui et l’injuriaient (Ac 18v6). Il connaît une situation de

tension qui l’amène à avoir peur. Le Seigneur lui dit alors : « Ne crains pas car je suis avec toi » (v9).

Est-il normal d’avoir peur face à l’opposition, à la souffrance, à l’épreuve ? En tout cas, Dieu ne fait pas de reproche à Paul

d’avoir peur ; il l’encourage à le suivre et lui montre (comme pour les autres hommes) qu’il a un plan pour lui et avec lui :

« Parle, car j’ai un peuple nombreux dans cette ville » (v10).

Ces différents exemples nous orientent chaque fois vers l’assurance de la présence de Dieu. Ainsi nous avons la certitude que

nous pouvons ne pas sombrer dans l’angoisse, avec la perspective d’une vie à son service, tournée vers les autres. Même si

c’est différent pour chacun d’entre-nous, ces éléments sont constants. L’abbé Pierre nous l’a dit : « Quel serait le sens d’une

vie à ne s’occuper que de soi ? ».


Lettre de Saint-Jean n° 485

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